Dominique Lahary
Vers une nounelle génération du catalogage ?
in : La Lettre d'Opsys n30, juillet-août 1999

J'approuve la question posée dans ce texte, et prends même le risque d'y répondre par l'affirmative : oui, nous allons vers une nouvelle génération de catalogage. Comme toujours, il n'y aura pas de changement brutal, mais des glissements successifs et partiels.

Sommes-nous en train d'assister à l'avènement d'une troisième génération du catalogage normalisé ? Il me semble que oui.
Trois mouvements différents s'y rejoignent.
Le premier consiste à enrichir la notion de notice bibliographique par des informations qui traditionnellement n'en faisaient pas partie comme l'image de la couverture ou du conditionnement du document, la quatrième de couverture, table des matières.
Le second consiste à donner directement accès au document lui-même à partir de la notice bibliographique, ce qui suppose évidemment que le document soit numérique et accessible en ligne, localement (par exemple un cédérom) ou à distance (par exemple un site Web).
Le troisième consiste à lier la notice bibliographique à des ressources accessibles en ligne qui sont autre chose que l'entité qu'elle décrit, comme le site Web de l'éditeur, une information sur l'auteur, ou toute autre ressource auquel il peut être judicieux de donner accès.

Proposer du texte, des images et des liens sur un même écran, c'est du multimédia, et c'est précisément ce que sait faire le Web. Voilà pourquoi les catalogues de bibliothèques entrent dans une nouvelle dimension en bénéficiant d'une interface Web. Pour les documents non consultables en ligne, c'est un enrichissement. Pour les autres, c'est une nouvelle fonction du catalogue. D'abord parce que celui-ci donne directement accès au document. Ensuite parce qu'il n'est plus, ou plus seulement l'inventaire d'une collection conservée à un endroit donnée ou par une institution donnée : il peut s'étendre au repérage de ressources mondiales.

Il faudra naturellement éviter que les tâches de catalogage ne connaissent une nouvelle flambée, et compter pour cela d'une part sur la coopération entre bibliothèques, d'autre part sur l'évolution de l'offre des fournisseurs d'information bibliographique.

Mais ceci pose également des problèmes de normalisation. Qu'en est-il, dans ce nouveau contexte, des formats MARC ? En leur état actuel, ils peuvent répondre en partie, mais en partie seulement, aux nouvelles possibilités offertes par le multimédia. Ce qu'on demande à une notice bibliographique, c'est de contenir des éléments nouveaux, mais surtout les codes qui permettent, sur le poste de l'utilisateur, de gérer les liens.
Dans ce contexte nouveau, on peut songer à avancer sur deux fronts : d'une part, trouver les moyens d'exprimer dans le format d'échange actuel les nouveaux besoins. D'autre part, prendre part au mouvement de redéfinition des formats de données auxquelles participent à l'échelle internationale tous les acteurs du nouveau monde globalisé de l'information, dont les bibliothécaires - et leurs fournisseurs - ne sont qu'une des parties prenantes. Une concertation est en cours en France entre bibliothécaires, fournisseurs de systèmes et fournisseurs d'information bibliographique pour s'attaquer à ces deux chantiers.